Moteurs MultiJet : le guide pour éviter la panne

Lucie
Ecrit par Lucie

Lucie est une véritable passionnée d’automobile. Toujours à l’affût des dernières tendances, elle aime partager son expertise.

Vous envisagez l’achat d’une Fiat, une Alfa Romeo ou une Jeep d’occasion ? Ces voitures, souvent réputées pour leur style, sont majoritairement équipées de moteurs diesel MultiJet.

Sur le papier, la promesse est belle : un appétit d’oiseau et des performances honorables. Mais, certains de ces moteurs peuvent rapidement transformer votre rêve automobile en un véritable cauchemar mécanique, avec des factures de réparation dépassant les 3 000 €.

Alors, comment distinguer la perle rare du gouffre financier ? Tous les MultiJet ne se valent pas. Entre les générations fiables et les séries noires, il est facile de se perdre.

Voici ce que nous allons explorer ensemble. Ce guide vous révèle quels sont les moteurs à fuir absolument et, surtout, ceux que vous pouvez acheter les yeux fermés pour rouler en toute sérénité.

Décrypter la technologie MultiJet : points forts et points faibles

Avant de pointer du doigt les mauvais élèves, il est essentiel de comprendre de quoi nous parlons. La réputation d’un moteur dépend autant de sa conception que de l’usage qui en est fait.

Qu’est-ce qu’un moteur MultiJet ?

Développée par Fiat au début des années 2000, la technologie MultiJet a représenté une avancée majeure. Son secret ? Un système d’injection à rampe commune capable de pulvériser le gazole en plusieurs fois lors d’un même cycle moteur.

Cette précision optimise la combustion, offrant un meilleur rendement, une consommation réduite et moins de pollution. C’est une technologie intelligente qui s’est largement diffusée, y compris chez d’autres constructeurs comme PSA sous le nom de HDi.

Une fiabilité à double tranchant

La question fatidique : le moteur MultiJet est-il fiable ? La réponse est un grand « cela dépend ». La fiabilité varie énormément selon la génération, la cylindrée et l’année de production.

Les premières générations (2004-2010) ont souffert de nombreux défauts de jeunesse, avec des composants parfois sous-dimensionnés comme le turbo ou les injecteurs.

De plus, ces moteurs sont conçus pour les longs trajets. Une utilisation exclusivement urbaine, avec des cycles courts, est leur pire ennemie. Le filtre à particules (FAP) n’a pas le temps de se régénérer, la vanne EGR s’encrasse rapidement, et le moteur s’use prématurément.

Un MultiJet bien entretenu et utilisé sur des routes adaptées peut facilement dépasser les 300 000 km, tandis qu’un autre, malmené en ville, pourra rendre l’âme avant 100 000 km.

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Les 4 moteurs MultiJet à absolument éviter ⚠️

Entrons dans le vif du sujet. Si vous croisez un véhicule équipé de l’un de ces quatre moteurs, la prudence est de mise. Les pannes récurrentes sont si nombreuses qu’elles peuvent rendre l’achat économiquement irrationnel.

Le 1.3 MultiJet de première génération (2004-2010)

Ce petit moteur, décliné en versions 70, 75 et 90 ch, est sans doute celui qui a le plus terni la réputation de Fiat. Conçu à la hâte pour respecter les normes antipollution, il cumule les fragilités. Le turbo est particulièrement sensible et lâche souvent avant 120 000 km.

Le volant moteur bi-masse, le FAP et la vanne EGR sont également des sources de problèmes récurrents et coûteux. Sur un véhicule d’occasion valant à peine 5 000 €, une seule de ces pannes peut signer son arrêt de mort économique.

Le 1.6 MultiJet (2010-2015)

Sur le papier, ce moteur de 105 ou 120 ch devait remplacer le valeureux 1.9. Mais il s’est révélé être une catastrophe, principalement à cause d’une série d’injecteurs Bosch désastreuse. Ces derniers peuvent tomber en panne dès 60 000 km, entraînant une facture de plus de 2 500 € pour leur remplacement.

Ajoutez à cela un turbo fragile et une courroie de distribution qui ne tolère aucun retard, et vous obtenez un cocktail mécanique explosif. À éviter à tout prix.

Le 2.0 JTD 16v (2006-2012)

Équipé d’une chaîne de distribution, ce moteur aurait dû inspirer confiance. Malheureusement, les tendeurs de cette chaîne ont tendance à s’user prématurément, provoquant un bruit de cliquetis au démarrage. Si ce symptôme est ignoré, la chaîne peut sauter et détruire le moteur.

La pompe à haute pression est un autre point faible connu, dont le remplacement peut contaminer tout le circuit d’injection, faisant grimper la facture à près de 5 000 €.

Le cas particulier des 1.3 MultiJet 75-90 ch

Quelle que soit leur génération, ces versions d’entrée de gamme sont à considérer avec méfiance. Pour des raisons de coût, leurs composants sont souvent optimisés au maximum. Constamment sollicités pour déplacer des véhicules parfois lourds, le turbo, l’embrayage et le volant moteur s’usent beaucoup plus vite.

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Comme ils équipent principalement des citadines (Fiat 500, Panda), ils subissent un usage urbain qui accélère leur dégradation.

Heureusement, tous les MultiJet ne sont pas à jeter ! ✅

Après ce tableau peu réjouissant, passons aux bonnes nouvelles. Oui, il existe d’excellents moteurs MultiJet qui ont forgé la réputation de fiabilité du diesel italien. Voici ceux que vous pouvez cibler en toute confiance.

La légende : l’indestructible 1.9 MultiJet

C’est LE moteur MultiJet à privilégier sur le marché de l’occasion. Produit entre 2002 et 2010, en versions de 100 à 150 ch, il est un monstre de robustesse. Sa conception mécanique éprouvée, héritée des anciens JTD, en fait un bloc capable d’encaisser des kilométrages très élevés.

Il n’est pas rare de voir des Alfa Romeo 159 ou des Fiat Bravo équipées de ce moteur dépasser les 400 000 km avec leur mécanique d’origine. Si vous en trouvez un avec un entretien suivi, même à plus de 200 000 km, c’est un achat sûr.

La valeur sûre : le 2.0 MultiJet II (après 2016)

Fiat a appris de ses erreurs. Les moteurs 2.0 MultiJet II lancés après 2016 (120 à 180 ch) ont bénéficié d’améliorations significatives. Les injecteurs, le turbo et la pompe à haute pression ont été renforcés.

Le retour d’expérience est très positif, avec une fiabilité qui se rapproche des standards des constructeurs allemands. On le retrouve sur des modèles comme les Jeep Renegade et Compass, ou les Alfa Romeo Giulia et Stelvio.

Le bon compromis : le 1.6 MultiJet II (après 2016)

Attention à ne pas le confondre avec son prédécesseur désastreux ! La version de 130 ch, apparue après 2016, est en réalité un moteur entièrement revu. Les injecteurs problématiques ont été remplacés, et la fiabilité globale est bien meilleure.

Il représente un excellent équilibre entre performances, faible consommation et coûts d’entretien maîtrisés, idéal pour un usage mixte.

Nos conseils pour bien choisir et entretenir votre MultiJet

Le choix du bon moteur est essentiel, mais un entretien rigoureux fera toute la différence sur le long terme.

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Le moteur adapté à votre usage

La règle est simple : si vous roulez quasi exclusivement en ville, un moteur MultiJet n’est pas fait pour vous. Le FAP se colmatera à coup sûr. Optez pour une motorisation essence, plus adaptée et moins coûteuse à entretenir sur de courts trajets.

Pour un usage mixte ou pour les gros rouleurs, les 1.9 MultiJet et les 2.0 MultiJet II post-2016 sont les choix les plus pertinents et les plus sûrs.

L’entretien : la clé de la longévité

  • L’huile moteur : Utilisez impérativement une huile de qualité respectant la norme ACEA C3 (faible en cendres) pour protéger le FAP. Réalisez la vidange tous les 10 000 à 12 000 km, bien avant les préconisations optimistes du constructeur.
  • La distribution : Sur les moteurs à courroie (1.3 et 1.6), n’attendez jamais la dernière minute. Un remplacement tous les 5 ans ou 110 000 km est une sage précaution. Exigez le changement du kit complet (courroie, galets et pompe à eau).
  • Le carburant : Un gazole de bonne qualité et le remplacement régulier du filtre à gazole prolongeront la vie de la pompe haute pression et des injecteurs, les pièces les plus coûteuses du système.

Le monde des moteurs MultiJet est un univers contrasté, où le meilleur côtoie le pire. La règle d’or est de privilégier la génération du moteur et la qualité de son entretien plutôt que son kilométrage affiché. Un 1.9 MultiJet de 200 000 km avec un carnet d’entretien limpide sera toujours un choix plus judicieux qu’un 1.6 MultiJet de 90 000 km sans historique.

Si votre budget le permet, un modèle post-2016 vous offrira une tranquillité d’esprit bien supérieure. Sinon, misez sur l’indémodable 1.9 MultiJet, une valeur sûre qui a fait ses preuves. En suivant ces conseils et en étant vigilant lors de l’achat, vous pourrez profiter pleinement des qualités de ces moteurs italiens sans craindre la panne coûteuse.

Et vous, quelle est votre expérience avec les moteurs MultiJet ? N’hésitez pas à la partager en commentaire.

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