Qui ne connaît pas l’adorable Fiat 500 ? Avec sa bouille ronde et son charme intemporel, elle est l’icône de la dolce vita, la petite voiture populaire par excellence qui a motorisé l’Italie.
On l’imagine volontiers se faufiler les ruelles de Rome ou longer la côte amalfitaine, son petit moteur pétaradant joyeusement. Mais que se passerait-il si cette image d’Épinal volait en éclats ? Si, sous cette carrosserie familière, se cachait une mécanique démoniaque, prête à humilier des supercars sur circuit ?
C’est le pari fou d’un préparateur anglais qui a décidé de marier le meilleur de deux mondes, créant un engin aussi attachant qu’terrifiant. Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur le « pot de yaourt ». Aujourd’hui, découvrons la F500, une Fiat 500 propulsée par un moteur de superbike Ducati.
Un héritage de performance : Abarth et Giannini
Pour comprendre la genèse d’une telle folie, il faut remonter le temps. La Fiat 500 a toujours été une fondation idéale pour les préparateurs les plus audacieux. Dès les années 60, deux noms se sont imposés comme les sorciers de la petite Italienne : Carlo Abarth et les frères Giannini.
Le scorpion Abarth, une piqûre de sportivité
Abarth a transformé la sage 500 en une authentique machine de course. En augmentant la cylindrée, en ajoutant des carburateurs plus gros et en optimisant chaque pièce mécanique, il a créé des bombinettes capables de remporter des victoires sur tous les circuits d’Europe. Le fameux scorpion sur fond rouge et jaune est devenu le symbole de cette métamorphose, transformant un véhicule populaire en une icône du sport automobile.
Giannini, l’autre vision de la performance
Moins connu du grand public mais tout aussi respecté des passionnés, Giannini a également porté la 500 à son paroxysme. Leurs préparations étaient réputées pour leur fiabilité et leur caractère, offrant une alternative redoutable aux créations d’Abarth. Ces deux maisons ont ainsi établi une tradition : celle de la « pocket rocket« , une voiture minuscule aux performances gigantesques.
La F500 Hartham : une folie mécanique anglaise
C’est en puisant dans cet héritage prestigieux que les préparateurs anglais de Hartham ont conçu leur propre chef-d’œuvre : la F500. Leur idée était simple en théorie, mais complexe à réaliser : conserver l’âme visuelle de la Fiat 500 originelle tout en remplaçant absolument tout le reste par des composants de compétition de pointe. Le résultat est une créature unique, un hommage radical baptisé « Il Topolino Rampante« , la petite souris cabrée.
Un moteur de superbike Ducati
Le changement le plus spectaculaire se trouve à l’arrière, à la place du modeste bicylindre. Hartham y a greffé un moteur de moto, et pas n’importe quel moteur : le V-twin « Testastretta » Desmodromique de la légendaire Ducati 999R. Cette merveille d’ingénierie italienne est connue pour ses montées en régime fulgurantes et sa sonorité envoûtante.
- Une version de « base » développant déjà 150 chevaux.
- Une version ultime issue du championnat du monde Superbike (WSB), poussée à 200 chevaux.
Pour encaisser cette puissance impressionnante, le moteur est couplé à une boîte de vitesses séquentielle à 6 rapports, offrant des changements de vitesse ultra-rapides, dignes d’une voiture de course.
Un châssis d’exception pour un poids plume
L’intégration d’un tel moteur ne suffit pas. Pour que la voiture soit maîtrisable, l’ensemble a été entièrement repensé.
L’antique châssis en tôle a laissé place à une structure moderne en composites de fibre de carbone. Ce matériau, généralement employé sur les hypercars, garantit une rigidité extrême pour un poids incroyablement faible.
Le freinage, quant à lui, est confié à des freins à disque surdimensionnés signés Brembo, le leader mondial en la matière. Ils sont la garantie de pouvoir stopper ce petit monstre aussi violemment qu’il accélère.
Des performances qui défient l’imagination
L’analyse des chiffres révèle l’ampleur de cette création. Grâce à sa conception ultra-légère et à sa puissance démesurée, la F500 affiche des performances qui impressionnent de nombreuses sportives bien plus chères et imposantes.
Le rapport poids/puissance : le secret du Topolino Rampante
Le chiffre le plus parlant est certainement son rapport poids/puissance : 458 chevaux par tonne. Pour vous donner une idée, c’est supérieur à une Porsche 911 GT3 ou une Ferrari F430.
Cette valeur exceptionnelle est le secret de ses accélérations foudroyantes. Le 0 à 100 km/h est ainsi pulvérisé en environ 4 secondes. Une performance qui vous colle littéralement au siège, le tout accompagné d’un vacarme mécanique assourdissant.
Au volant, une expérience pure et brutale
La conduite de la F500 promet une expérience inoubliable. Sans filtres ni aides à la conduite modernes, offrant une connexion directe entre le pilote, la mécanique et la route. Le hurlement du moteur Ducati qui monte dans les tours, les vibrations qui parcourent le châssis en carbone, le claquement sec de la boîte séquentielle… c’est le pilotage dans sa forme la plus pure.
La présence d’une cage de protection en acier au chrome-molybdène n’est pas un simple accessoire. Elle est un rappel constant que l’on pilote une véritable machine de course homologuée pour la route. De plus, sa vitesse maximale est autolimitée à 195 km/h, non pas par manque de puissance, mais vraisemblablement parce qu’au-delà, le petit empattement de la 500 rendrait l’exercice particulièrement périlleux.
La F500 de Hartham est bien au-delà d’une simple préparation automobile. C’est une déclaration d’amour à la mécanique pure, un pont entre l’héritage de la petite voiture populaire et l’excellence de la compétition moto. Elle représente le paradoxe ultime : un agneau à l’extérieur, un loup enragé à l’intérieur.
C’est une machine irrationnelle, excessive et probablement inutilisable au quotidien. Mais c’est précisément ce qui la rend si captivante. Elle nous rappelle qu’avec de la passion, de l’audace et un grain de folie, l’automobile est capable de créer des objets uniques, capables de nous faire rêver et de nous donner le grand frisson.
Et vous, oseriez-vous prendre le volant d’un tel engin ?
