Moto chinoise : le retour inattendu du Sportster ?

Lucie
Ecrit par Lucie

Lucie est une véritable passionnée d’automobile. Toujours à l’affût des dernières tendances, elle aime partager son expertise.

L’arrêt de la production du mythique Harley-Davidson Sportster 1200 à refroidissement par air a laissé un grand vide dans l’esprit de nombreux motards. Ce moteur V-twin, symbole d’une Amérique brute et authentique, semblait destiné à devenir une relique du passé. Pourtant, comme souvent l’industrie moto, les légendes ne meurent jamais vraiment.

Elles se réincarnent, parfois de la manière la plus surprenante qui soit. Aujourd’hui, c’est depuis la Chine qu’un écho de ce moteur emblématique nous parvient, à travers un cruiser radical qui ne laissera personne indifférent. Découvrons l’histoire de la Bashan BS1200-G, une moto qui mêle hommage, copie et innovation.

Bashan : un nouvel acteur s’invite sur le marché des V-twin

Si le nom de Bashan ne vous dit rien, c’est tout à fait normal. Ce constructeur chinois s’est principalement fait connaître au cours des deux dernières décennies pour ses motos de petite cylindrée, des monocylindres utilitaires et accessibles. Mais il semblerait que l’entreprise ait opéré un changement stratégique en visant le segment du gros custom.

Le résultat de cette ambition est la BS1200-G, un bobber au style épuré et affirmé, dont le cœur mécanique est un V-twin de 1200 cc qui semble tout droit sorti de Milwaukee.

Le hardtail : un style pur pour une expérience brute

L’architecture frappante en observant la Bashan BS1200-G est son cadre de type « hardtail« , c’est-à-dire sans aucune suspension arrière. Ce choix, hérité des premières heures de la moto, privilégie une ligne pure et basse au détriment du confort. Cette conception est une déclaration claire : cette machine vise les puristes, ceux qui cherchent une expérience de conduite brute et connectée à la route, sans artifice.

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Le look est complété par une fourche avant de type « springer » et des roues à rayons de 40,64 centimètres, renforçant son allure vintage et rebelle.

Le V-twin mythique : de Milwaukee à Chongqing

Le véritable attrait de cette moto est la généalogie de son moteur. Car si Bashan assemble la moto son usine de Chongqing, le V-twin de 1200 cc est en réalité fabriqué par une autre entité chinoise : Shineray. Et c’est là que l’histoire devient passionnante.

Une filiation évidente : de Harley-Davidson à SWM

Après le retrait du Sportster 1200 de Harley-Davidson du catalogue, la marque italienne SWM (propriété du groupe chinois Shineray) a présenté un moteur V-twin de 1200 cc à refroidissement par air aux caractéristiques remarquablement similaires. Avec un alésage de 88,9 mm et une course de 96,8 mm, ses dimensions sont identiques à celles du moteur américain. Les chiffres de puissance et de couple sont également très proches.

Ce moteur équipe actuellement la SWM Stormbreaker 1200, un cruiser qui ne cache pas son inspiration américaine.

Shineray : le maître d’œuvre du moteur réinventé

Shineray, un géant industriel chinois, est le cerveau et le fabricant de ce clone. En tant que propriétaire de SWM, le groupe a pu utiliser la marque italienne comme un accès au marché européen pour ce moteur. Aujourd’hui, Shineray fournit ce même bloc à Bashan pour sa nouvelle BS1200-G.

C’est une collaboration entièrement chinoise, s’appuyant sur une ingénierie américaine passée par l’Italie. Un parcours mécanique international !

Bashan BS1200-G : ce qu’il faut retenir

Au-delà de son moteur et de son style, les documents d’homologation chinois révèlent quelques détails techniques sur cette nouvelle venue.

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Motorisation et performances : des chiffres familiers

Le V-twin de Shineray développe une puissance qui, non officielle, est annoncée comme très proche de celle de l’ancien Sportster 1200. Les performances ne seront pas explosives. D’ailleurs, la vitesse de pointe est donnée pour seulement 120 km/h.

Ce chiffre confirme la raison d’être de la BS1200-G : c’est une machine de balade, axée sur le plaisir du couple sur les petites routes plutôt que sur la vitesse. Avec un poids à vide de 245 kilogrammes, elle se positionne dans la moyenne de sa catégorie.

Partie cycle : tradition et modernité s’allient

Si le cadre hardtail et la fourche springer inscrivent la moto dans le passé, Bashan n’a pas négligé la sécurité. La BS1200-G est équipée de freins à disque à l’avant comme à l’arrière, le tout supervisé par un système ABS. C’est une intégration moderne et rassurante sur une machine d’esprit si traditionnel.

L’éclairage à LED assure une bonne visibilité et s’intègre discrètement au design. Ce mélange des genres est notable, témoignant d’une volonté d’offrir un look vintage avec des standards de sécurité actuels.

Un clone pour un nouveau public ?

La question est légitime : Avons-nous besoin d’un cruiser hardtail chinois motorisé par un clone américain ? La réponse pourrait être affirmative. Le succès d’autres marques chinoises, comme Changjiang avec ses side-cars inspirés des BMW R71 d’avant-guerre, démontre une demande pour des machines rétro, fiables et surtout plus abordables que les modèles originaux.

Le prix sera l’atout majeur de la Bashan BS1200-G. Commercialisée hors de Chine, probablement sous un autre nom via un importateur local, elle pourrait rendre le mythe du gros V-twin accessible à une clientèle soucieuse de son budget ou moins attachée aux marques premium. Elle cible les amateurs de customisation, les passionnés du style bobber, et ceux pour qui l’expérience de conduite l’emporte sur la marque.

La Bashan BS1200-G dépasse la simple copie. Elle est le reflet d’une industrie chinoise de plus en plus audacieuse, capable d’assimiler des codes, de les réinterpréter et de pallier les manques des constructeurs historiques. Entre hommage et opportunisme, ce cruiser au moteur américain et au passeport chinois pourrait trouver son public.
Et vous, seriez-vous prêt à rouler sur cette moto au charme brut et à la généalogie si complexe ?

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